Me revoilà une nouvelle fois encore ce soir.
Dans un des articles précédents, j'avais promis de revenir sur les 3 premières étapes de notre tour de Taiwan, n'en ayant donné qu'un bref résumé.
Et comme je suis chaud ce soir ( surtout parce que je n'arrive pas vraiment à dormir ), je me lance dans le premier de ces 3 récits : Etape 1 - Xinzhuang / Huanshan
Nous voilà donc mercredi matin, le 14 Février. Oui c'était la St Valentin, et d'ailleurs, beaucoup se sont indignés du faît que je n'avais pas passé cette journée avec Nicky. Si je puis me permettre, on s'en fout un peu du 14. Tant pour elle que pour moi, c'est un peu une journée comme une autre ... ce devrait etre la St Valentin tous les jours ...
Bref, nous avions enfin réuni toutes nos affaires. On a beau dire, on s'était préparé depuis plusieurs, mais peu avant de partir, il y avait encore des choses auxquelle nous n'avions pas pensé. C'est probablement toujours comme ça la première fois que l'on tente des choses de cette envergure ... le manque d'expérience. Quoiqu'il en soit, Nicky a tenu à ce que nous allions prendre un petit déjeuner à l'exterieur avant de partir, histoire d'avoir le ventre plein. La journée promettait d'être longue, j'avais calculé 280 kms environ et depuis que je faisais de la 125cc, je n'avais jamais parcouru une telle distance dans une même journée. Je savais que cela pourrait être très fatigant. Il me fallait de plus ne pas oublier de gerer la conduite de Loic et son comportement sur la route. S'il était capable de rouler très bien tout seul, j'étais moins sûr de sa confiance en situation réelle. Les habitudes des Taiwanais sur la route sont bien différentes des notres en France, beaucoup plus confus, beaucoup plus stréssé en conduite de ville. Cela demande donc une attention de tous les instants, mais avec un peu d'habitude, on se fond dans la mouvence et tout va mieux.
Nous avions mis la main sur des tendeurs mais visiblement, cela n'a suffit que lorsque le père de Nicky nous a refiler les siens afin de consolider le tout.
Avant de vraiment mettre les voiles, ou plutôt d'appuyer sur le bouton " start " des motos, nous avions fait un petit tour au temple local, prier pour avoir une route saine et sauve.
Il était environ 8h15 lorsque nous avons pris la route ce matin là. Mon premier objectif était de rejoindre Tanshui, une localité connue à Taipei pour être à l'embouchure de la rivière qui porte le même nom au nord-ouest de la capitale. Pour y arriver, il nous fallait d'abord traverser cette rivière, car nous nous trouvions du mauvais côté. En partant de chez Nicky, nous devions d'abord atteindre Bali et de là, un peu plus loin, rejoindre la N°2 qui commence au pont et traverse ainsi la rivière en direction de la ville. La signalisation n'étant pas trop le fort de Taiwanais, nous avons le droit de faire un tour supplémentaire du pont ... tour dont je me serais bien passé, perdant Loic un moment. Visiblement, il était victime de problèmes techniques sur sa Yamaha. Et effectivement, plus de démarreur et plus de phares ... Alors que nous avions changé la batterie avant de partir, le probleme subsistait toujours, et une fois Tanshui, nous nous sommes arrétés dans un garage.
Il sagissait en fait d'un court-circuit, et le temps de changer quelques fils qui avaient grillé, nous nous remettions en route. Le temps s'était alors déjà bien couvert, et à vrai dire, il faisait tout à coup beaucoup plus frais. Mais c'est chose courante parait-il dans le nord de Taipei.
Le temps ne s'arrangeait pas du tout, alors que nous continuions sur la Nationale 2. Nous devions d'ailleurs la suivre un bon bout de temps, car c'est la route qui longe tout le cap nord de l'ile et poursuit jusqu'à hauteur de Yilan. Le ciel devenait de plus en plus menaçant, et je pensais que nous ne pourrions echapper à des pluies. Au détour d'un virage, un changement de température si spectaculaire pour nous s'effectua, au point de perdre en quelques secondes 5 à 6 degrés !!
Une fois arrivé à Shimen au quasi extreme nord de l'ile, la pluie s'est mise à tomber. En s'arretant sous un petit abri face à la mer, nous avons profité d'un petite pause pour enfiler nos imperméables. Honnêtement, le temps était vraiment capricieux, car lorsque nous remontions sur nos machines, la pluie s'était quasimment arrêtée ...
En poursuivant sur la 2, nous avons finalement atteint le port de Jilong ou Keelung, au choix. Celui est assimilé comme le port de la ville de Taipei. Même s'il est un peu éloigné, il est tout de même très accessible par les axes autoroutiers et ferroviers. Pour l'info, les Français ont colonisé cet endroit fin 19eme, sauf erreur de ma part, en raison de ressources minières du site. Une domination de courte durée, car vite délogés par les troupes massives chinoises envoyées en renfort. Taiwan n'est pas facile à contrôler, surtout en raison des conditions géographiques difficiles.
Je ne sais pas si c'est parce que nous y sommes arrivés à la mauvaise heure, mais il y regnait un chaos sans pareil. Des voitures partout ... il semblerait que le tout Taipei ait décidé d'avoir l'idée originale d'emmener ses gosses dans ce lieu tranquille qu'est Jilong ... Nous avons donc du, tant bien que mal, traverser cette ville. Une fois chose faite, nous pouvions reprendre un rythme de croisière. Ce que je reproche à cette route, c'est le grand nombre de camion-benne qui l'empruntent. Je ne sais pas d'où ils viennent et où ils vont, mais ils sont là, et il faut donc être très prudent. Une règle facile à retenir, si tu le dépasses facilement, lui t'écrases sans problème. Ce n'est pas pour faire peur, mais vraiment, on est peu de choses en 125cc à côté. Alors encore une fois, prudence, et surtout, ne les doublez pas dans les virages trop serrés. On connait quelqu'un qui y est resté.
Revenons à nos moutons. Toujours dans la brume des rivages nords, nous avons croisé une ancienne mine d'or, aujourd'hui desaffectée et abandonnée. Dans la verdure et la brûme, tout cela avait l'air fantomatique.
L'heure avançait et nous n'avions toujours pas atteint le comté d'Yilan sur la côte nord-est de l'ile. Nous n'en étions plus très loin, mais selon mes calculs, nous n'étions pas vraiment dans les temps et de plus, nous n'avions pas encore mangé. Yilan, nous l'atteignions quelques kilomètres plus loin. La route 2, suivant toujours la côte, contourne le cap nord-est de l'ile et traverse divers petites localités telles que Shi Cheng ... bien trop petites pour en retenir quoi que ce soit. On pouvait toutefois noter que le ciel s'était déjà bien dégagé ... mais à la place, un autre inconvénient plus important que l'hypothétique pluie avait fait son apparition : le vent !! Celui-ci n'était pas venu pour jouer un second rôle, et soufflait alors en fortes bourrasques, nous poussant d'un côté à l'autre de la route.
Nous avons pris notre repas de noodles dans un 7-11 au bord de la route près de Dali.
Une vingtaine de kilomètres plus loin au sud, nous quittions enfin la Nat 2 pour prendre une de ses auxiliaires en direction de la ville d'Yilan. Ville que nous avons rapidemment rejoint après avoir remis nos réservoirs à niveau. Mais comme toute autre grande ville, c'est surtout une perte de temps. Yilan ne présente pas grand chose d'intéressant à première vue, mais peut-être qu'en lui accordant un peu plus d'attention, qui sait ? C'est aussi le cas des autres villes de la côte est, Taidong et Hualian : à cause de leurs situations géographiques moins facilement accessibles que leurs soeurs de la côte ouest, elles souvent delaissées ... du coup, le développement économique s'est fait attendre, et même s'il y a du progrès depuis une dizaine d'années ... ce n'est pas encore ça.
En traversant les axes principaux, nous nous retrouvions ralentis par une cérémonie visiblement bouddhiste qui évoluait doucement dans la rue. Sans pitié, j'ai vite dépassé le cortège, mais Loic n'avait pas suivi. Peut-être avait-il été lui même ralenti par quelques autres obstacles ... Je me mettais alors en tête de l'attendre un peu plus loin sur le bord de la route.
Il réapparut peu de temps après, heureusement, car le cortège nous avait pratiquemment rejoint, et je n'avais aucune envie de me retrouver coincé une nouvelle fois au milieu des cloches, des trompettes et autres instruments de cérémonie.
La route se dégageait enfin. Nous entamions notre ascension de la montagne en rejoignant la N°7. Celle-ci sort d'Yilan et laisse la place, selon notre parcours à son auxiliaire, tandis qu'elle se détourne en direction de Taipei.
L'auxiliaire 7 n'est pour ainsi dire pas très fréquentée. Elle longe le lit d'une rivière qui doit être bien plus importante pendant la saison des pluies. Ce courant d'eau longe lui-même de nombreuses collines abruptes et étroites... Le temps, à nouveau, s'était bien couvert, donnant l'impression d'être en fin d'après-midi, proche de la tombée de la nuit ... Il n'était pourtant que 15h30 environ. En regardant l'heure justement, je me demandais si nous arriverions à temps. Nous pouvions rouler sans arrêt, mais cela était hors de question, et je privilègiais de prendre quelques pauses de temps à autre.
Le tracé de la route est bien étrange. Je ne saurais dire pourquoi. Peut-être faut-il le voir soi-même pour comprendre, mais la route, selon moi, ne suis pas un trajet des plus logiques. Peu importe ... nous avons atteint une zone visiblement agricole. Sans nul doute, nous étions dans un secteur aborigène, comme c'est souvent le cas dans les hauteurs des montagnes.
Vers 16h, nous atteignons enfin la dernière station service, selon la carte du livre. Même si n'avions pas fait tant de kilomètres, nous avons de nouveau rempli nos réservoirs d'essence, plus par prudence que pour autre chose. A partir de point donné, une brûme particulièrement épaisse s'est joint à la partie. Elle ne nous a plus quitté jusqu'à l'arrivée sur le plateau de Huan Shan aux alentours de 2000m d'altitude.
Sa présence rendait l'ascension extrèmmement lente. Je ne pouvais me permettre de rouler trop vite, non seulement parce que nous croisions quand même quelques voitures, mais aussi parce que je voulais garder un oeil sur Loic. Sa moto souffrait à nouveau de problèmes electriques. Et si les phares fonctionnaient toujours, ils n'étaient pas vraiment assez puissant pour lui permettre de signaler sa position dans le brouillard. De fait, je cherchais un moyen de le garder près de moi. La solution fut de ne plus l'attendre, mais de le suivre.
Le soleil était encore présent, mais n'allait pas tarder à disparaitre derrière les sommets. Il nous fallait nous hâter à trouver notre chambre du soir. Ce qui fut chose faite après avoir demandé notre route à quelques autochtones du coin.
Nous arrivions enfin chez "mamie", une ancienne princesse aborigène de Taiwan, et qui n'a rien à voir avec Mononoke. La chambre n'étant pas encore prête, nous avons patienté dans la cour avec elle. Elle m'a posé plein de questions sur divers sujets, mais rien de semblable aux questions "pas chers" que l'on me demande habituellement. Au point d'avoir la vague impression de passer un test. Etait-ce voulu ou non ? La présence de "mamie" m'inspirait respect. Cette femme agée de 80 ans au moins gérait toute seule ses chambres d'hôtes ainsi que le cuisine réservée à ses clients. Chapeau ...
Le prochain article de notre tour de Taiwan portera sur notre soirée chez "Mamie - Princesse Tai Ya Zhu de Bu Luo " ( Huan Shan ... avant d'arriver à proprement parlé de Lishan )
Cet article est susceptible d'être modifié en fonction des médias que je vais ajouter. Sans compter eventuelles corrections ( y'a des fautes, c'est sûr et je m'en excuse)
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